Artisan créateur bijoutier - joaillier depuis 1973

Guide Or Jaune


Guide Or Jaune

Le nom de l’or et le symbole Au viennent du latin aurum, de même signification, qui a donné l’adjectif aurifère qualifiant une matière ou un corps contenant de l’or. Dans les anciens textes français, on le trouve parfois sous l’acception « aur » ; germ. gold, geld, gyld. L’or symbolise souvent une émanation d’une matière céleste et solaire. La Nubie est le pays de l’or (nub) conquis par la violence par les anciens Égyptiens.

Le corps simple or est un métal noble, un métal précieux coloré précisément en jaune d’or, matière pur dense, très ductile et molle, facile à travailler, parfois simplement à la main et au bâton, connue de toute antiquité, appréciée pour son fort éclat de « petit soleil », en particulier sous forme de diverses parures depuis l’aube de l’humanité ou de pièces de monnaie depuis l’Antiquité, très recherché, avec l’argent, depuis les temps historiques pour sa fonction monétaire déterminantea.

L’art du travail de l’or est l’orfèvrerie.

Gisements

Pour qu’une zone soit prospectée ou présente un intérêt d’exploitation, il faut que la teneur moyenne de la roche dépasse 10 g par tonne.

L’or est réparti inégalement à la surface de la Terre. Certaines roches ont des taux de concentration en or avoisinant un million de fois la teneur moyenne d’un milligramme par tonne. Plusieurs mécanismes peuvent expliquer cette répartition. Ainsi, l’or orogénétique pourrait se déposer lors de variations de pression provoquées par des séismes, remplissant des failles en formant des filons. Les sulfures, les chlorures et surtout l’anion radicalaire S–3 présents dans la croûte terrestre sont également capables de solubiliser l’or en formant des complexes, rendant possible sa mobilisation et sa concentration lorsque les complexes se décomposent (suite à un refroidissement ou par réaction avec une autre roche).

La quantité d’or extraite par l’humanité depuis les origines de cette activité est estimée, fin 2010, à 166 000 tonnes, qui pourrait, en guise de métaphore, être représenté par un cube d’environ vingt mètres d’arête, et tenir tout entier sous la Tour Eiffel. En 1993, le stock d’or de l’ensemble des banques n’était estimé qu’à un ordre de grandeur de 35 000 tonnes.

Alliages

L’or de joaillerie, c’est-à-dire mélangé à un ou plusieurs autres métaux pour augmenter sa rigidité, peut présenter des teintes blanches (or blanc) ou rouges (or rouge) selon le type d’alliage qui le constitue (argent, pour former l’electrum, ou cuivre). L’argent et le cuivre sont les deux principaux métaux utilisés en alliage avec l’or, mais il y a également le platine, le nickel, le zinc ou encore le manganèse. Le standard des proportions varie d’un pays à l’autre, les États-Unis ou la Grèce utilisant l’or dit « à 14 carats », contenant 585/1 000 d’or. En France, « lorsqu’il s’agit de produits contenant de l’or, du platine, de l’argent ou du palladium, l’indication du prix doit être accompagnée de l’indication du métal précieux utilisé et de son titre exprimé en millièmes »42 ; précédemment, une distinction était faite entre « or » [18 carats (750/1 000) ou plus] et « alliage d’or » [moins de 18 carats (750/1 000)].

Pour de l’or 18 carats :

  • l’or jaune est en principe constitué de 75 % d’or, de 12,5 % d’argent et de 12,5 % de cuivre ;
  • l’or rose est normalement composé de 75 % d’or, de 20 % de cuivre et de 5 % d’argent ;
  • l’or gris comporte habituellement 75 % d’or, de l’argent et parfois du palladium ;
  • l’or blanc de joaillerie est un terme souvent utilisé pour parler de l’or gris. En France et en Europe, le nickel (qui entrait autrefois dans sa composition) est maintenant réglementé, car source d’allergies. L’or blanc est donc recouvert d’une fine couche de rhodium (or « rhodié »), qui disparaît avec le temps, redonnant une couleur gris-jaune à l’or (il est en général possible de faire un nouveau bain de rhodium chez un bijoutier, pour quelques dizaines d’euros) ;
  • l’or bleu est un alliage d’or et de fer. Un traitement thermique oxyde les atomes de fer à la surface du métal et lui donne sa couleur azur.
    Autres alliages possibles : or et platine (saumon), or et zinc (jaune-vert), or, argent et cadmium (vert), or et aluminium (violet pourpre).

Pour la dorure à la feuille, l’alliage doit rester le plus mou possible

Art et artisanat

L’or est principalement utilisé pour la bijouterie (environ 70 % de l’or dans le monde en 1990). De plus, environ 2,7 kt d’or ont été travaillées pour la bijouterie, en 1995.

L’or « pur » a été utilisé dans certains bijoux asiatiques, qui ont donc la particularité d’être déformables (ce qui oblige à se limiter à des formes simples : bracelets en torsades, par exemple). L’or pur reste cependant peu utilisé en joaillerie ; afin d’obtenir une meilleure tenue mécanique ainsi que des couleurs originales, il est allié par exemple à l’argent et au cuivre (or jaune, or rose), au cuivre (or rouge), à l’argent (or vert).

En orfèvrerie, l’argent recouvert d’or s’appelle le vermeil.

L’or est ainsi utilisé pour créer des bijoux, des médailles, des objets de luxe (montre, stylo).

Il peut également être utilisé par des ateliers de dorure ornementale comme l’atelier leonis, sous forme de feuilles pour dorer les boiseries, les livres travaillés par les enlumineurs, les ferronneries par un procédé de dorure au mercure ; ainsi que les bonbons en chocolat en Occident et les gâteaux en Inde.

Le pourcentage d’or dans le métal s’appelle le titre. Depuis très longtemps, il peut faire l’objet d’une garantie (de l’État actuellement) grâce à un poinçon qui indique le titre de l’alliage utilisé. Les orfèvres l’évaluent grossièrement grâce à la pierre de touche.

En France, le marquage des bijoux en or est obligatoire depuis le 9 novembre 1797 par l’apposition de poinçons (sauf si l’objet est trop petit pour recevoir le poinçon). Deux poinçons sont utilisés : le premier, appelé « poinçon d’État », indique le titre ; le second, en forme de losange, est celui du fabricant, il est appelé « poinçon de Maître ». Le poinçon d’État actuel est une tête d’aigle pour l’or massif à 18 carats, et un hippocampe pour 24 carats.

Les carats correspondent à des 1/24e parties d’or de la masse totale d’un alliage et peuvent être convertis par un calcul simple en pourcentage massique d’or compris dans le métal.